La Côte de Beauté - N°129 - Avril/Mai 2014

Les projets contestés de la CARA

Le 21 février, les élus communautaires ont voté le budget de la communauté d’agglomération Royan Atlantique qui affiche 126 M€ d’investissements.

 

Comme ce fut le cas lors du débat d’orientations budgétaires de janvier, Didier Simonnet, alors adjoint au maire de Royan, a redit, lors du vote du budget en février, tout le mal qu’il pensait d’un certain nombre de projets budgétisés par la communauté d’agglomération Royan Atlantique. Le projet de la gare multimodale à Royan, la maison CARA à Saint-Palais, ou encore la caserne de gendarmerie à La Tremblade n’ont pas trouvé grâce à ses yeux, ni auprès de ceux de Pascal Révolat, jusqu’alors conseiller municipal à Royan. 

Concernant la maison CARA, Didier Simonnet a expliqué qu’en raison du manque d’information concernant les dépenses de fonctionnement que ce projet pourrait engendrer et devant la raréfaction des crédits publics et des efforts budgétaires que les collectivités devront faire dans l’avenir, il votera contre cette délibération. La somme de 168 088 € vient de s’ajouter au projet du fait de l’augmentation du coût des travaux et de la réalisation d’une voirie, et la reprise du chemin périphérique. Pascal Révolat a également voté contre estimant ne pas comprendre, «puisque la CARA n’a pas la compétence culture, que ce centre d’art contemporain soit pris en compte et surtout pour des sommes aussi astronomiques».

Jean-Pierre Tallieu, président de la CARA, a rappelé qu’il s’agissait, au moment de la transaction, de venir au secours de l’Etat afin que ce bâtiment ne soit pas acheté par des promoteurs en raison de la situation du lieu qui est remarquable. «Nous sommes amenés à y faire des expositions, des manifestations culturelles, ce n’est pas une compétence dédiée mais c’est une action que nous menons malgré tout.» Pour Pascal Révolat, une fois de plus la CARA s’est substituée à l’Etat «comme cela a été le cas pour la gendarmerie de La Tremblade». Un autre dossier qui n’a pas reçu l’assentiment des deux élus royannais qui estiment, là encore, la facture beaucoup trop élevée.

Le dernier sujet contesté a été celui de la gare multimodale de Royan. Didier Simonnet avait pourtant voté pour il y a quelques mois avant de se rendre compte, quelques jours plus tard, que son coût était, selon lui, astronomique et qu’il serait possible de faire des aménagements moins coûteux. C’est le message qu’il a essayé de faire passer à ses collègues communautaires. Il a rappelé qu’en vue d’une hypothétique arrivée du TGV à Royan, «je ne suis pas opposé à des travaux de rénovation nécessaires, pour la place de la gare, la gare elle-même et l’accessibilité des quais. En revanche, j’estime que le coût global est démesuré, l’enveloppe étant de cinq millions d’euros. Quinze quais de bus, c’est trop. En période de crise, nous obtiendrons moins de financement, aussi nous devons baisser l’enveloppe de ce projet.» Et de proposer que les services techniques de la ville de Royan procèdent au «relooking» de cette place, rapidement et gratuitement comme contribution complémentaire à ce projet. «L’enveloppe totale serait de 2 millions à 2,5 millions d’euros, soit la moitié de celle actuelle.» De plus, il s’avoue inquiet du calendrier avancé pour le début des travaux à savoir l’été 2014. En guise de conclusion, il a souligné, un brin perfide, que son combat contre le projet de la gare n’est pas un combat contre le président sortant de la CARA. «En 2006, à peine élu, il m’avait fait l’honneur, alors que je n’étais pas élu communautaire, de m’appeler pour l’aider à réviser le SCOT quelque peu enlisé. A sa demande, je l’ai également aidé l’an dernier, dans le cadre de l’adhésion au syndicat des eaux, à obtenir, à tous les deux, une baisse de 0,16 € par m3 sur le prix de l’eau en 2014. Le président sortant n’aime simplement pas être contredit !» Jean-Pierre Tallieu lui a répliqué  qu’il serait vraiment désespéré pour Royan si le TGV n’y arrivait pas. «Concernant les quais de bus, nous avons répondu aux demandes qui nous ont été faites. Mais les élus de demain pourront revenir sur ce dossier, s’ils le souhaitent.» Si Didier Quentin n’a pas soutenu son adjoint il a signalé qu’ il «ne pourra que s’opposer à ce que les travaux commencent en été puisque ce sont des mois de très grande fréquentation».

Non au financement de l’étude sur les vases

Finalement, une fois n’est pas coutume, le président Tallieu a donné raison à Didier Simonnet. En effet, les conseillers communautaires devaient voter une participation de 25 000 € pour des études relatives à l’élaboration du plan de gestion des vases dans le cadre du schéma d’aménagement et de gestion des eaux de l’estuaire de la Gironde. Pour financer ces études le Smiddest a fait appel à des subventions, à hauteur de 25 000 €, de ses six membres, à savoir les conseils régionaux d’Aquitaine et du Poitou-Charentes, les conseils généraux de la Gironde et de la Charente-Maritime, la communauté urbaine de Bordeaux et donc la CARA. Didier Simonnet a dit vouloir voter contre et a invité les autres à en faire autant en regrettant une fois de plus le saupoudrage de subventions de la part des collectivités. Il a été entendu par Jean-Pierre Tallieu qui a précisé que les riverains de l’estuaire s’élevaient avec véhémence contre cette délibération. «Il s’agit uniquement du paiement d’une étude. En revanche, nous sommes solidaires lorsqu’il s’agit d’introduire des esturgeons ou d’autres actions de ce genre. Mais là, nous sommes surpris par la ventilation des participations financières de chaque membre. Et sur ce sujet-là, nous n’avons pas à intervenir à cette hauteur-là.» Il sera donc a noter que lors de cette assemblée qui a voté, quasiment les yeux fermés, un budget total de plus de 126 M€, Didier Simonnet aura réussi par son intervention a faire économiser quelques 25 000 € à la CARA.

Pour preuve du peu d’intérêt que les élus portent à cette institution, près de trente-quatre d’entre eux sont partis avant la fin de la séance.

 

Photo © La Côte de Beauté / L’Europe vue du ciel

 
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