La Côte de Beauté - N°154 - Juin/Juillet 2018

L’évolution du trait de côte suivie à la loupe

Depuis 2014, la communauté d’agglomération Royan Atlantique effectue, au printemps, des relevés GPS pour suivre l’évolution du trait de côte. 

Chaque hiver, les tempêtes se succèdent et chaque coup de vent fragilise un peu plus le littoral. En effet, chaque année, la mer gagne du terrain. Face à ce constat, la communauté d’agglomération Royan Atlantique a mis en place un suivi du trait de côte sur la Côte sauvage, la baie de Bonne Anse et la Grande Côte, par des relevés GPS effectués, une fois par an, au printemps. 

L’opération permet de cartographier et mesurer l’évolution du littoral, d’améliorer les connaissances et d’évaluer la dynamique des sédiments qui façonnent le littoral. Gaël Perrochon, chargé de mission plan plage territorial à la communauté d’agglomération Royan Atlantique, effectue chaque année ces mesures. «Nous avons mis en place une méthodologie pour les effectuer. Il faut que cela se fasse tous les ans de la même façon, aux mêmes endroits», commente Gaël Perrochon qui vient de terminer les mesures de 2018 le long du littoral, sur 27 km entre la Galon d’Or et la Grande Côte. Ces mesures ont lieu après une grande marée en suivant la laisse de mer, ces débris naturels déposés sur la grève par l’océan. «Il y a eu des premières données en 1999 et 2000 suite aux grosses tempêtes et ce suivi a été mis en place durablement en 2013/2014. Cela permet d’avoir près de 20 ans de recherches sur ce littoral qui bouge sans cesse, tantôt en perdant du terrain, tantôt en en rattrapant.» Un observatoire intercommunal du littoral a été créé en 1993 pour suivre l’évolution du trait de côte, cette ligne qui sépare la mer de la terre. Il s’agissait au départ de recueillir des données pour déterminer au mieux l’emplacement des postes de secours afin qu’ils ne soient pas détruits par la mer. Celles-ci pouvaient également servir pour d’autres installations, comme les campings ou les villages vacances. Après 1993, de nouveaux relevés ont été effectués en 2000 et 2002. Depuis 2014, la CARA poursuit ce travail de collecte et d’analyse en effectuant chaque année un relevé du trait de côte à l’aide de l’outil GPS. «On suit alors au mètre près l’évolution du trait de côte.» Ainsi quand il a été mis en service en 1905 pour sécuriser l’accès à l’estuaire de la Gironde, le phare de la Coubre se trouvait à 1 800 mètres du rivage. Aujourd’hui, il n’est plus éloigné que de 150 mètres des vagues à marée haute. «Depuis 2017, le rivage a reculé de 15 mères. La pointe Espagnole a perdu, elle, 60 mètres en une année alors qu’à la pointe sud de la pointe Espagnole à hauteur de ligne 11, la côte s’est rengraissée de 140 mètres.» Autant de disparités d’une année à l’autre qui ne permettent pas de tirer des conclusions pour les années à venir. «Il n’est pas possible de se prononcer sur l’avenir puisqu’il y a trop de paramètres qui entrent en ligne de compte. Que ce soient les tempêtes,  les engraissements…» Des données qui sont enregistrées et mises à la disposition des habitants, notamment sur le site internet de la CARA. «Ces relevés sont effectués dans un secteur situé en zone naturelle ou il y a peu d’enjeux en terme d’habitations. Ces données nous permettent alors d’améliorer nos connaissances, d’analyser les évolutions du trait de côte. Cependant l’objectif n’est pas de proposer des méthodes pour lutter contre l’érosion, mais de porter à connaissance aux élus ou habitants pour savoir ce qui se passe.» Il s’avère cependant que face aux assauts de la mer et du vent, l’Office national des forêts peut mettre en place un mode de gestion et de défense douce qui permet dans certains secteurs de fixer et de reconstituer la dune en plantant des ganivelles ou en la recouvrant de fascines (branchages entremêlés). En partenariat avec l’Office national des forêts, la CARA agit également pour limiter le piétinement des dunes, en canalisant les flux par des barrières ou facilitant l’accès aux plages par des caillebotis et une signalétique directionnelle. «Depuis plusieurs années, nous menons des campagnes pour que les personnes soient vigilantes lors des grands coefficients pour ne pas se trouver piégées entre le pied de dune et la mer. L’érosion peut créer des falaises dunaires qui rendent difficiles la remontée en pied de plage.»

Photo © Alexandre Garcia / CARA


Surveillance participative du trait de côte

Le centre d’études et d’expertises sur les risques, la mobilité et l’aménagement (Cerema) a lancé une application Android expérimentale, Rivages, disponible gratuitement sur Google Play. Rivages permet de participer à la surveillance de l’évolution du littoral. Le principe est simple. En marchant sur la plage, Rivages permet de relever la limite entre la terre et la mer, appelée trait de côte. Ce trait de côte est ensuite envoyé, traité, et mis en ligne sur le site Géolittoral (www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/suivi-du-trait-de-cote-par-smartphone-r489.html). On peut ainsi aider au suivi dans la durée de l’évolution de cette limite entre la terre et la mer afin de voir si le littoral avance, recule ou reste stable. Cette application initialement testée pour les littoraux à faible marée (Méditerranée, Martinique...) a été adaptée en 2017 pour la plupart des types de côte. Il est possible de choisir le type de limite en fonction de la plage où vous êtes.
 
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